Une balle dans le poumon vert du 16 ème…
décembre 16, 2009 by admin
Une balle dans le poumon vert du 16 ème…
par Renaud SIRY
Délégué Départemental
GENERATION ECOLOGIE PARIS
Membre de:
l’ALLIANCE ECOLOGISTE INDEPENDANTE
Quelques chiffres pour comprendre:
– 16 ème arrondissement de Paris: 7,1 %. 56,29 ha.
– Autrement dit: Le pourcentage d’espaces verts dans cet arrondissement est de 7,1 %
– représentant 56,29 hectares de parcs et jardins ouverts à la promenade du Public.
Ces valeurs mettent cet arrondissement en 7 ème position, s’agissant de l’importance des espaces verts dans les 20 secteurs de la Capitale.
Plutôt un bon score, assez loin cependant des 18,9 % -34,52 ha- du 1er arrdt, ou des14,2 % – 96,17 ha du 19 ème arrdt-, mais plus qu’enviable, face à la lanterne rouge de paris, le 2 ème arrdt avec seulement 0,2 % , représentant 0,23 Ha…
Entre ces extrèmes, les 5 ème, 6 ème, 7 ème et 15 ème sont plus riches en pourcentage de jardins non privatifs que le 16 ème, avec respectivement:
– 12,8 %, 12 %, 8,2 % et 7,3 %.
Stoppons là les chiffres pour laisser place à une autre réalité:
En 1973, un engagement formel, acté par le Conseil de Paris, préserve de tout changement
d’affectation, l’intégralité du secteur sis au 45, Avenue du Maréchal Fayolle , à côté du square Debussy, juste derrière la piscine Montherlant, en face du Boulevard Lannes dans le 16 ème.
Or, la Mairie de paris vient de délivrer un Permis de démolir, au profit de « Paris Habitat » et s’apprête à débloquer un Permis de construire pour 4 immeubles de béton de 6 étages et 18 m de haut, en formule apparentée H.L.M, sur ce même secteur !
Ceci, sans aucun préavis ni aucune concertation avec les Riverains, scandalisés, à juste titre
par l’amputation d’un pan entier d’un des « poumons verts » du 16 ème, au mépris des dispositions de 1973 et en contradiction radicale avec la prétendue fibre écologique de la Mairie de Paris.
Comment, en effet, ne pas constater que, sous l’influence appuyée des Verts-, plus idéologiquement politisés à gauche de la gauche, que préoccupés de véritable environnement, notre Maire a mis le « paquet » sur l’étendue démesurée des couloirs de Bus, tout en donnant sa bénédiction à l’abattage des arbres et au bétonnage des espaces verts, comme nous le démontre le triste exemple du secteur du Boulevard Lannes !
Et, ainsi que le souligne le Collectif qui vient de créer un Site web: « www.quartierdauphine.fr » pour tenter de sauver ce qui peut encore l’être, l’amputation-déjà entamée- des premiers arbres n’est que le début du bétonnage programmé dans le secret des bureaux opaques, des espaces verts compris entre l’Ambassade de Russie et l’Université Dauphine !
HALTE A L’HEMORRAGIE DU SANG VERT !
Face aux « hautes autorités » de la toute puissante Mairie de paris et, en surimpression, à la volonté probable de mettre les « bourgeois du 16 ème » au pas, en leur imposant des immeubles HLM en plein coeur d’un des symboles supposés de l’opulence et d’un certain art de vivre, comment les Riverains peuvent-t-ils espérer faire valoir leurs droits ?
Comment faire comprendre à quelques élus, plus soucieux de construire à tout prix des logements à vocation plus ou moins populaire, que de sauvegarder ce qui reste de notre environnement naturel, que Paris doit être impérativement préservé de ce genre d’édification décidée « à la hussarde », au mépris des règles les plus élémentaires du respect des engagements pris par les responsables du Conseil de Paris, il n’y a pas si longtemps ?
Sûrement pas, pour les autochtones, en baissant les bras, en attendant que les pelleteuses aient transformé les jardins en nouvelles « cités HLM », plus ou moins bien intégrées dans ce qui subsistera du paysage…
Sûrement pas , pour les Riverains, en acceptant que le Quartier Dauphine devienne peut-être, progressivement, ce qu’ils redoutent en silence, un nouveau guetto de mini tours -de 18 mètres tout de même-, faisant bientôt de ce secteur une micro « ville nouvelle » qui pourrait pousser les habitants « historiques » à partir, au profit de mutations de Populations, dont on ne peut prévoir les conséquences…
Attention. Il ne s’agit nullement de porter un quelquonque jugement de valeur sur la qualité des futurs résidents de ces tours-si elles devaient finalement exister-, qu’ils soient Locataires ou en accession à la Propriété à des conditions voulues socialement plus accessibles,
non, notre combat, car nous allons soutenir ce Collectif, réside dans la nécessité impérieuse,
de sauvegarder l’environnement d’espaces verts historiques de la capitale.
Car c’est bien sous Napoléon III qu’ont été aménagés et créés la majorité des parcs et jardins de Paris et singulièrement du 16 ème.
Et si le Trocadéro est probablement l’un des plus représentatifs, il n’est pas moins essentiel de ne pas toucher aux autres secteurs dont celui qui nous intéresse aujourd’hui.
Edith PIAF, au sommet de sa réussite, se serait-elle installée Boulevard Lannes, si un tel bouleversement environnemental s’était produit devant ses fenêtres ?!
Messieurs, les décideurs, j’en appelle à votre bon sens.
Paris regorge d’immeubles plus ou moins insalubres, qui, une fois détruits, pourraient laisser place à de nouveaux édifices où l’on relogerait décemment les anciens Résidents et aussi de nouveaux, au sein de nouvelles normes H.Q.E (Haute Qualité Environnementale).
Paris possède aussi nombre de zones qui pourraient devenir constructibles, sans réclamer pour autant la dévastation d’espaces verts précieux dans des quartiers jusqu’ici préservés.
Pourquoi ne pas les recenser avec plus de rigueur et pourquoi ne pas privilégier plus encore ces endroits qui ne demandent qu’à être valorisés, à l’instar des aménagements de Bercy, intelligemment menés, plutôt que procéder au pire choix possible:
Celui que vous êtes en train de commettre au 45 Avenue du Maréchal Fayolle, dans le seizième arrondissement de Paris.
Comme pour le réchauffement de la Planète, s’agissant de la préservation des Espaces verts de Paris, C’est aujourd’hui qu’il faut réagir. Demain, il sera trop tard.
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